Coup de gueule

Vivre à Gozo : une vie insulaire

29 avril 2015, 4
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Je n’ai rien publié depuis un petit moment car j’étais en déplacement professionnel et ensuite très occupé.  Mon déplacement m’a permis de mieux analyser, comprendre et confirmer les raisons de mon départ de France et quel type de vie je souhaite mener dans un endroit comme Gozo.

Si vous êtes attentif, vous savez très certainement que je vis sur Malte et plus particulièrement sur Gozo (d’ailleurs il faudrait que je fasse un article sur cette île). Mais quelles sont les différences entre une vie parisienne (par exemple) et une vie à la gozitaine ?

Tout d’abord qu’est ce qu’une vie à la parisienne ou dans un grande ville ?

C’est bruyant, c’est sale, c’est stressant, c’est très cher. Dès lors que l’on arrive à l’aéroport après avoir été habitué à vivre au milieu de la Méditerranée, on se retrouve avec les sinus qui nous picotent. On sent que l’oxygénation de l’air ambiant n’est pas le même. Lorsque que nous prenons une grande bouffée d’air, il y a tout un tas de saloperies qui vient avec. Pourtant, l’ami avec qui j’étais m’a affirmé que durant mon séjour, l’air était pur et respirable par rapport à son habitude. Je n’ose imaginer ce que ça doit être quand les particules fines produites par les centrales au charbon allemandes (suite à leur arrêt du nucléaire) font monter tous les indicateurs dans le rouge… Il n’y a aucune odeur, si ce n’est celle des pots d’échappements ou des quelques malheureux arbres qui tentent de survivre dans cet environnement.
À Paris, tout est régi par l’heure. L’heure à laquelle le RER arrive, l’heure à laquelle il faut réserver au restaurant, l’heure à laquelle il faut se rendre à tel endroit… Pour ce qui est du coût de la vie, c’est juste démentiel. Pour le même prix que ma location à Gozo (un 200m2 en deux parties, salon/2 chambres/cuisine/salle de bain pour les amis ou la famille en visite et salon/cuisine/piscine/loft avec 2 chambres et 2 salles de bain pour la partie privée), sur Paris nous pouvons trouver, soit un clapier de 25m2 maximum au centre, soit un 85m2 en Seine-Saint-Denis… Payer une pizza ou un repas dans une brasserie parisienne le quadruple d’un excellent repas à Gozo, c’est tout à fait normal. Faire pour 100€ de courses et n’avoir quasiment rien dans le frigidaire, c’est normal. Une vie chère, un bruit constant, être toujours entouré de monde, un air dégueulasse… non, vraiment, il faudrait que ce soit un impératif auquel je ne puisse vraiment pas échapper pour qu’un jour quelqu’un me force à vivre dans un tel environnement.

Ce que j’ai pu constater de la majorité des gens que je croisais à Paris, c’est qu’ils ne vivent pas. Ils se lèvent le matin pour aller travailler afin de pouvoir payer une nourriture infecte hors de prix et un clapier au prix d’un palace en vacances et, hormis deux ou trois distractions irrégulières, ils se comportent comme de véritables morts vivants.

Alors certes, dès que l’on commence à avoir quelques moyens financiers, la vie s’améliore et on peut changer son quotidien en payant encore plus cher une nourriture « normale » ou un logement un peu plus grand. Mais tout cela ne change rien au fait que malgré tous les compromis ou moyens que vous pouvez trouver, rien ne vaut – pour moi – une vie insulaire.

Alors oui, il y a aussi des inconvénients (qui n’en sont pas réellement). À Paris, s’il vous faut absolument trouver un câble de recharge pour votre Macbook Pro, cela peut être réglé en 30 minutes. Sur mon île, j’ai dû attendre 1 semaine et demie, le temps qu’ils en commandent. Si on veut trouver un boîte d’œufs un jour de fête chrétienne ou férié, on n’aura rien du tout. La vie culturelle est également plus limitée sur Gozo qu’à Paris. Enfin, disons que ce n’est pas la même chose. Disons qu’il n’y a pas de musée exposant les dernières croûtes monochromes à la mode.

Certes, si on met bout à bout tous ces petits désagréments, on peut se demander pourquoi vivre sur une telle île. En fait, on apprend à vivre de manière simple et à reporter à plus tard ou à tout simplement abandonner une envie (comme un achat de fringues). Cela ne change quasiment rien à notre quotidien. Au lieu de faire une omelette, on va faire des sandwichs si on a plus d’œufs. Au lieu d’aller au cinéma, on va aller au restaurant manger un succulent repas pour 10 à 15€ par personne (vin compris). Au lieu d’aller à une expo le soir, on va se rendre dans une boîte de nuit en plein air face aux falaises (2,50€ le shooter, 2€ la bière, 4€ les cocktails et entrée gratuite). Au lieu de prendre la voiture pour faire 200km afin de se rendre à sa maison de campagne, on va marcher 20 min et nous retrouver à la plage, à siroter une bière sous un parasol.

En plus de tout cela, Gozo est une enclave (« la Corse de Malte » selon les dires de l’ancien ambassadeur maltais à Paris) où la population est entièrement homogène et à 95% catholique pratiquante. Aucun problème de délinquance. Cela fait un an que je ne ferme plus ma voiture. Je ne me soucie même plus de laisser les fenêtres ouvertes avec les clés sur le compteur, mon portefeuille et mon portable en évidence. D’ailleurs, pour mon portefeuille, je l’ai perdu 4 fois en un an, dont une fois avec 350€ en liquide à l’intérieur. Tout m’a été ramené sans le moindre centime manquant. Un type l’a trouvé dans la rue et l’a apporté à un restaurant pour savoir s’ils me connaissaient en fonction du nom sur ma CB. Après une recherche sur Facebook, ils m’ont contacté et j’ai pu le récupérer 2 jours plus tard. À Paris, en Saine-Saint-Denis (là où je suis resté 3 jours chez un ami) on m’a conseillé, même lorsque je suis dans la voiture, de fermer les portes, de cacher mon portable, de cacher mon sac Louis Vuitton et de ne pas regarder les passants.

Pour ce qui est de la nourriture, c’est simple : on oublie toute la merde industrielle. On mange local et à petit prix. Nous avons tous les légumes et toute la viande que nous voulons. Par exemple, l’autre jour je suis allé chez le boucher : 500 g de blanc de poulet, 300 g de jambon blanc, 200 g de bacon, 1,7 kg de travers de porc, 2 sauces de 250 g chacune, une boîte d’œuf, 4 cuisses de poulet, 3 filets de poisson pané, un pack d’eau de 12 litres et une bouteille de coca (soit ce qu’il faut en protéines pour 2 pour une semaine) m’a coûté dans les 34€. Bien sûr les pâtes, le dentifrice, le ketchup et toutes ces choses là sont importés. Oui, mais dans la plus part des cas ce sont d’excellents produits italiens vraiment pas chers, et que l’on peut même acheter au Lidle du coin (car nous avons tout de même quelques supermarchés).

Non vraiment. Personne ne pourra me faire changer d’avis et me forcer à échanger mes baignades dans ma piscine à mi-avril pour aller retourner vivre dans un endroit comme Paris. Je vis maintenant toute l’année au soleil (sauf cet hiver où Malte a eu le pire hiver depuis des décennies) et pour mes vacances j’irai dans villes telles que Rome, Venise, Amsterdam, Milan, Genève, Barcelone, etc. Ce sont les seuls moments où je tolèrerai me retrouver dans une grande ville.

Dans un prochain article je vous parlerai plus en détails de Gozo et de son fonctionnement anarcho-libéral dans la population. 

Si vous souhaitez visiter Gozo, je vous recommande les articles de TheBlueDressGirl : guide de Malte & Gozo.

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4 Commentaires

  • Reply Gilbert 14 juillet 2015 at 14 h 19 min

    Merci pour cet article ! J’ai visité Gozo il y a quelques semaines et en suis tombé amoureux… Je pense m’expatrier en 2016 !
    Peux-tu me dire dans quelle région tu vis et pourquoi ?
    Bonne continuation !

    • Reply Divagation-insulaire 15 juillet 2015 at 17 h 53 min

      Salut, je ne peux que te recommander de quitter la France ! Si ce n’est pas Gozo, l’herbe ne peut être que plus verte dès que tu sors de l’hexagone (hors mis le Zimbabwe, Corée du Nord et la RDC). Plaisanterie à part, les habitants ici sont très accueillant une fois qu’ils savent que tu vis à l’année sur leur île. Un peu méfiant vis à vis des touristes par contre (mais ils restent très sympathique tout de même). Je préfère ne pas répondre à ta question sur l’endroit où je vis car je tiens à ma vie privée mais sache que sur Gozo tout est à côté de tout.

      Bonne continuation à toi aussi ;)

      • Reply Gilbert 16 juillet 2015 at 11 h 36 min

        Hello, merci pour ton retour. Je comprends pour ta réponse, c’était pour avoir des avis des différentes régions qui seraient peut-être plus judicieuses que d’autres, mais je vais je pense louer un appartement durant une petite année avant de trouver l’endroit qui me plaira pour imaginer un projet immobilier !
        J’espère que tu continueras de donner plein d’infos sur Malte & Gozo :)
        Au plaisir de te lire sur tes blogs !

        • Reply Divagation-insulaire 18 juillet 2015 at 11 h 58 min

          Pour avoir pas mal d’information sur Gozo je te recommande le blog de ma copine et sa catégorie « guide de Malte & Gozo » : http://thebluedressgirl.com/ ;)

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